Sabrina Lonis : rencontre d’une artiste avec un grand A

Nous vous partageons aujourd’hui, le parcours d’une femme battante, aimante, courageuse et surprenante!

Bonne lecture.

 

Toukan & Palmyre : Bonjour Sabrina !

Sabrina Lonis : Bonjour !

T&P : Comment vas-tu?

SL : Très bien !

T&P : On te connaît comme étant LA chorégraphe du moment, mais qui étais-tu avant ?

SL : Alors, pour la petite histoire, il faut savoir que j’ai dansé avant même de savoir marcher. Ma nourrice de l’époque en avait parlé à mes parents en disant « un jour, votre fille sera danseuse. Elle danse dès qu’elle entend de la musique« . Pour mes parents, c’était hors de question.

T&P : Pour quelles raisons?

SL : Mon père travaillait dans l’industrie de la musique avec ma mère et tous les deux ne souhaitaient pas que j’intègre ce milieu. Pourtant, je dansais à la maison, partout, et ma mère s’est donc décidée à m’inscrire à des cours de danse.

Je me souviens parfaitement du moment où j’ai commencé. J’étais en voiture avec ma mère et on est passé devant le conservatoire. J’avais 5 ans et demi et la seule chose que je me suis dit, c’est « ah bon ça existe ? On peut prendre des cours de danse ??  Pourquoi je ne me suis pas inscrite plus tôt? » (Rires).

Par la suite, j’ai commencé à faire des recherches sur Internet et j’ai créé mon premier groupe à l’âge de 12 ans.

Très rapidement, je me suis lancée dans des concours. Mon tout premier fut celui de Graines de star (sur M6).

Je m’entraînais dès que je le pouvais et très dur, je n’arrêtais jamais. Le souci, c’est que ça commençait à devenir compliqué. Dans la mesure où l’on n’avait pas de local, c’était un entraînement à la maison.

Un jour, ma mère devait se rendre en mairie pour des formalités administratives. J’ai décidé de l’accompagner et profitant d’une minute d’inattention, je me suis faufilée dans le bureau du maire.  Je me suis entretenue avec lui afin de lui demander un lieu d’entrainement. Quelques minutes plus tard, j’avais ma salle!

C’était déjà pour moi une grosse victoire et ma mère ne savait plus où se mettre. (rires)

T&P : Déjà tenace à 12 ans !

SL : Oh oui ! Pourtant, j’avais conscience qu’on n’avait pas le niveau requis et qu’il fallait qu’on s’entraîne à fond. Et ce n’était que le début.

A l’âge de 14 ans, je fais la rencontre d’autres danseuses et mon groupe s’agrandit. On continue les cours de danse dans ma chambre. Mais cette fois-ci, dans une chambre complètement aménagée pour ma passion.

En effet, mes parents ayant divorcé, j’ai vécu avec ma mère et elle avait aménagé tout un espace pour moi dans cette nouvelle maison.

T&P : Et qu’est-ce qu’ il s’est passé ensuite ?

SL : On continue de se perfectionner et je décide de me lancer dans le milieu caritatif.

Je me souviens m’être rendue à cette époque à l’hôpital Robert Debrey et avoir proposé de présenter un spectacle de danse aux patients.

Malheureusement, on me demandait une représentation de 45 minutes alors que je n’avais que 20 minutes à offrir. Je repars dépitée, je prends le métro et là j’entends des jeunes parler de danse afro. Je les interpelle pour savoir si elles sont danseuses et bingo, c’était le cas.

Je leur propose donc d’intégrer le groupe pour le spectacle à l’hôpital Robert Debrey. Grace à elles, j’avais ces fameuses 45 minutes en poche.

T&P : A quel moment la télé intervient-elle dans ta vie ?

SL : Très jeune. A 15 ans, je participe en tant que performer dans IAPIAP sur Canal J. D’ailleurs, avec du recul, je me demande comment j’ai fait pour à la fois gérer les papiers, la prod’ plus la chorégraphie.

Mais finalement, cela a payé puisque deux ans et demi plus tard, leur chorégraphe part et ils me rappellent pour être la nouvelle chorégraphe de l’émission. On tournait cinq émissions, une fois par mois, ça nous prenait beaucoup de temps.

T&P : Comment une fille de 15 ans a pu travailler aussi dur et en même temps poursuivre ses études ?

SL : Justement, ça ne l’a pas fait (rires). J’ai redoublé ma seconde et là mes parents ont réduit mes cours de danse à une heure et demie par semaine. Mais en tant que passionnée, je dansais partout et à tout moment.

J’ai tout de même eu mon bac ES et directement après, j’ai fait une école de danse pro et j’ai obtenu mon diplôme d’État.

T&P : De qui dirais-tu avoir eu du soutien ?

SL : Premièrement, même si mes parents n’étaient pas pour, ils ont financé ma scolarité à l’école de danse. Ils étaient toujours présents à mes spectacles et je pouvais toujours les solliciter pour des conseils. Ensuite, j’ai eu et je continue d’ailleurs de recevoir énormément de soutien de la part de Martine CURTAT-CADET, la directrice de l’école CHOREIA. Que cela soit durant ma scolarité dans son établissement ou même après l’obtention de mon diplôme. Elle était arrangeante lorsque je devais rater les cours pour un stage à New York, elle adaptait mon emploi du temps à mes projets.

Lorsque j’ai décidé de participer à La France a un Incroyable Talent, elle a mis à disposition des salles d’entraînement en plein mois d’août car je n’en trouvais pas.

T&P : Elle croyait en toi ?

SL : Je pense, oui.

D’ailleurs je travaille dans son école depuis que je suis diplômée et j’ai eu l’opportunité d’apporter ma touche à ses projets, notamment via un programme de haut niveau, réservé aux professionnelles, dont j’ai été la conceptrice.

Il y a eu aussi Nadège TAINEAU, la directrice de la compagnie Flac Floc qui m’a soutenu depuis mes 14ans. Puis la ville de Gournay, qui a fait de son mieux pour contribuer à mes projets en mettant ses salles à disposition.

T&P : Ta plus grande faiblesse ?

SL : Je n’ai pas confiance en moi …

Ça a démarré avec une mauvaise rencontre dans ma vie puis cela a continué avec des coups bas, de la jalousie. Beaucoup se mettaient en travers de mon chemin. Et puis après, le manque de confiance est venu par  les échecs rencontrés.
J’ai travaillé comme une malade, j’ai commencé tôt.

A 12 ans j’étais à fond, à 15ans, je commence la télé, à 24 ans, j’obtiens mon diplôme, mais rien ne venait. Je n’avais toujours pas de contrats à proprement parler.
J’avais pourtant fait La France a un lncroyable Talent deux fois. Puis en 2015, l’émission Got to dance. Toujours rien….
Ça s’enchaîne, je retente La France a un Incroyable Talent et on se fait éliminer…

T&P : Qu’est-ce-que tu te dis à ce moment-là ?

SL : Je retente quand même, je continue et je fais l’émission Super kidsJe me dis « si ça ne fonctionne pas non plus, j’arrête… »

Ils voulaient que je forme un groupe d’enfants qui n’étaient jamais passé à la télé sauf que chacun des élèves de mon groupe avait fait une émission. Du coup, je réfléchis et leur propose de tous les rassembler en un seul groupe. Ce groupe nouvellement formé était frais et n’était jamais passé à la télé ensemble.

On bossait six heures par jour, même le jour du réveillon de Noël. On bossait les week-ends, on n’arrêtait pas. Je me souviens que ma santé en avait pris un gros coup. Je ne dormais pas et mon stress était à son maximum.

La première émission passe sur M6. Et là, gros coup de massue, elle est programmée sur W9. J’étais dégoûtée. Sachant qu’à l’époque, W9 n’était pas regardée autant qu’aujourd’hui.

Je prends le temps de me remettre et je me dis pourquoi pas aller faire un tour sur Youtube.  Je décide de filmer dans un décor la chorégraphie de Superkids, pour la mettre sur ma chaine Youtube, et un chorégraphe américain que je connais la visionne avant qu’elle sorte et me dit que « c’est du lourd », sauf qu’une fois en ligne, elle est bloquée pour droit d’auteur…

On était trente-cinq sur le tournage de cette vidéo, réalisateur, maquilleur, coiffeur, styliste, lumières, et tout ça dans un lieu d’exception …

Là c’est bon, j’abandonne … Je décide de me consacrer à ma vie personnelle.

T&P : Mais le destin en a voulu autrement ?

SL : Eh oui! Trois mois plus tard, l’assistante de Jamel DEBBOUZE pour le JAMEL COMEDY KIDS me contacte suite à Superkids et là, tout s’enchaîne, c’est au tour du producteur TEFA de me contacter et de me proposer de chorégraphier un de ses clips.

En deux, trois semaines, j’ai eu de gros projets.

T&P : Tu as démarré avec sept danseurs. Aujourd’hui tu en gères combien ?

SL : 300 environ.

T&P : De quoi t’inspires-tu ?

SL : De tout! Ça peut être de voyages, d’odeurs, de sons, de discussions avec les gens etc…

T&P : D’où te vient ta force ?

SL : De ma passion!

J’ai fait un tas de nuits blanches. Je me disais que jamais je n’y arriverais, que je devrais tout lâcher. Mais finalement, un jour où je suis allée au cinéma, j’étais dans les toilettes et une musique que j’aimais est passée à la radio. Je me suis mise à danser et je me suis dit que si même dans les toilettes d’un cinéma je continue à danser, je ne peux pas abandonner (rires…).

Je tiens ma force aussi de mes élèves. A chaque fois que quelqu’un réussit, ça me procure une joie immense.

J’essaye de me construire le plus solidement et sans prendre la grosse tête, car j’ai conscience que certes on peut monter rapidement mais on peut aussi redescendre très vite.

Aujourd’hui, je refuse neuf propositions sur dix mais à contre cœur.

T&P : Ta plus grande fierté ?

SL : Ma plus grande fierté c’est la mentalité et l’esprit de groupe et de soutien de mes élèves, leur façon de se tirer vers le haut et d’encourager tout le monde

Je reçois beaucoup d’amour de leur part.

Ma plus grande fierté aussi, c’est quand tu as bossé toute la journée et qu’un élève te laisse un mot  » je t’aime ma prof d’amour « dans une de tes chaussures.

T&P : Des projets?

SL : Oui beaucoup !

Mais là,  pour cet été, il y a déjà le Dance Camp. C’est un stage de danse à l’américaine en collaboration avec ARTMOSTPHERE. C’est un stage qui s’adresse à des danseurs avec un niveau avancé de 12 à 20 ans avec une sélection sur audition vidéo et les inscriptions sont ouvertes en ce moment.

T&P : Un message aux jeunes femmes qui veulent se lancer dans un projet ?

SL : Le temps que vous passez à réfléchir, c’est du temps que vous ne passez pas à construire vos rêves !

T&P : Merci !

SL : Merci à toi !

 

Toukan & Palmyre

 

 

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