Ayshglamm : rencontre avec LA makeup artist à l’origine de la toute première masterclass en France

« Regardes en bas, sur le côté, de l’autre côté, MAGNIFIQUE! » 

On a entendu cette phrase un peu partout, elle en devient même mythique! Nous avons décidé d’aller à la rencontre de cette femme merveilleuse, épouse, maman et makeup artist, elle a décidé de vous raconter son parcours !

Bonne lecture!

Toukan & Palmyre : Bonjour!

Ayshglamm : Bonjour!

T&P : Alors, pour celles qui ne te connaissent pas, on va faire les présentations.

Ayshglamm : Je m’appelle Zaynab. Je suis Afghane d’origine mais j’ai grandi dans le nord des Pays-Bas.

T&P : Raconte-nous un peu ton parcours.

Ayshglamm : Alors, au niveau scolaire, j’étais pas très sage à l’école (rires). J’étais un peu garçon manqué. Pour tout te dire, je jouais même au foot.

J’en ai fait 5 ans avec mes soeurs. Mais à coté de ça, ce que j’adorais à l’école c’était les langues.

T&P : Dans quel type d’environnement familial as-tu grandi ?

Ayshglamm : J’ai grandi dans une famille très ouverte d’esprit. Faire du foot en tant que petite fille Afghane, chez nous, c’était pas quelque chose de surprenant ou d’impossible. Par contre j’ai arrêté parce que j’ai vu que je commençais à attraper des gros mollets (rires).

Mon père était médecin, ma mère assistante dentaire. Ils sont venus aux Pays-Bas en tant que réfugiés et ont eu le courage de reprendre leurs études. Ce sont des personnes positives et j’ai grandi en me disant que tout était possible. C’est à eux que je dois ma carrière.

Venir d’Afghanistan et arriver dans un pays inconnu, apprendre une nouvelle langue, reprendre ses études, c’est un vrai parcours du combattant. D’autant plus qu’ils étaient réfugiés. Ils se sont acharnés et c’est ce qui coule dans mes veines aujourd’hui. Je crois en moi, j’ai confiance et j’ai pas peur. Avec cet esprit positif, je sais que je peux avancer.

T&P : A 19 ans, tu débarques en France.

Ayshglamm : C’est ça. Je suis venue en France pour suivre mon mari. On s’est rencontrés à un mariage et on s’est mariés très rapidement. C’est une chose qui se fait chez nous, on se marie jeunes.

Mister Ayshglamm : T’en avais envie j’espère (rires)!

Ayshglamm : Mais oui (rires)!! Je suis tombée sur une très bonne personne grâce à Dieu. Faut savoir que j’ai toujours été très mature. D’ailleurs, je n’ai pas d’amies de mon âge, elles sont toujours plus grandes que moi. J’ai ce truc qui fait que je m’entends avec plus vieux que moi (rires). Donc je me suis mariée avec quelqu’un de plus âgé et je n’ai fait qu’évoluer à ses cotés.

T&P : Tu nous parles de ton arrivée en France?

Ayshglamm : Lorsque je suis arrivée en France, je ne vais pas mentir, j’ai été sur le coup très déçue de la mentalité. Moi qui vient des Pays-Bas, je dirais qu’on a une mentalité à l’américaine. On est ouverts, positifs. Toutes les portes sont ouvertes, on croit en l’autre. La preuve avec mon père.

En France, j’ai pas trouvé tout ça. Et c’est ce qui m’a donné un peu plus de mal au début.

T&P : Tu peux me donner un exemple?

Ayshglamm : Par exemple, aux Pays-Bas, tout le monde parle anglais. On est ouverts sur le monde et comme je ne savais pas parler français à mon arrivée en France, il m’arrivait de m’adresser aux gens en anglais et d’avoir des regards du genre « elle vient d’où celle là? » (rires).

Du coup, même si aujourd’hui j’en ris, je me suis vite prise en main et me suis convaincue d’apprendre le français pour m’intégrer. Si mes parents avaient réussi à le faire, je le pouvais aussi. J’ai donc pris des cours intensifs de français durant 6 mois à Rennes, de 9h à 17h. J’ai adoré ça! On était un groupe qui avait le même niveau, on s’amusait et on a avancé ensemble.

T&P : A quel moment tu décides de te lancer dans le maquillage?

Ayshglamm :  J’y pensais depuis un moment déjà. J’ai une belle-mère qui, à l’époque, me poussait dans cette direction. Elle est très coquette et me conseillait tout le temps.

Mais j’avais toujours des moments où l’éducation de mon père me revenait en tête. Il avait pour souhait que ses enfants deviennent médecins, avocats etc. Mais c’était pas mon truc. J’avais envie de travailler dans le domaine de la beauté mais c’était pas très bien réputé à l’époque. C’était limite perçu comme un sot métier et même si on est une famille ouverte d’esprit, j’avais du mal à envisager ma carrière dans le milieu de la beauté.

J’ai alors décidé de faire une école d’assistante dentaire pendant 2 ans. J’ai eu mon diplôme, puis j’ai travaillé avec un dentiste pendant 5 ans sur Paris. C’est d’ailleurs devenu un ami.

T&P : Tu apprends le français puis tu te formes dans le milieu médical, t’es un vrai caméléon ! (rires) 

Ayshglamm : J’adore apprendre! Demain on me met en Chine, j’apprendrai le chinois.

T&P : La suite c’est quoi ?

Ayshglamm : Ma vie sur Paris me plaît de plus en plus. Je découvre le Paris de Victor Hugo, les terrasses, la beauté de l’architecture et j’ai adoré.

Je tombe enceinte et après l’accouchement, je ne me voyais pas retourner au cabinet. Je voulais vraiment être présente durant les 4 premières années de la vie de ma fille. Je ne regrette pas ma décision. Je sais qu’elle a mon éducation.

Une fois qu’elle a grandi et est allée à la maternelle, je me demandais bien ce que j’allais pouvoir faire. Retourner au cabinet ? Me lancer dans le maquillage ?

A l’époque, le maquillage sur Instagram cartonnait. Je passais mon temps sur les réseaux à analyser leur façon de faire, j’observais tout. Et là, le flash.

J’ai remarqué qu’en France, il n’y avait quasi pas, voire pas du tout de makeup artist sur les réseaux qui proposait des maquillages chargés. Aux USA et aux Pays-Bas ça cartonnait. Je me suis dit « c’est maintenant ou jamais », je veux être la première à introduire ça en France.

Un soir, sans en parler à personne, j’ai ouvert un compte Instagram Ayshglamm.

T&P : Pourquoi ce pseudo?

Ayshglamm : Ma fille s’appelle STAYESH. Elle ne pouvait pas prononcer son prénom lorsqu’elle était enfant. Elle disait « AYSH « . J’ai ajouté glam pour le côté glamour et Ayshglamm est née.

T&P : Comment qualifierais-tu tes débuts?

Ayshglamm :  J’ai ouvert mon compte Instagram sans aucune confiance en moi, je me disais que ça n’allait pas marcher.

T&P : As-tu eu des périodes où tu sentais que tu pouvais baisser les bras ?

Ayshglamm : Un soir, je m’entraînais à me maquiller dans la salle de bain. Mon mari est entré à ce moment là et m’a regardé longuement avant de me sortir  » mais tu ressembles à rien là  » (rires).

Et là je me suis dit, c’est mort, depuis 2 jours, mon compte Instagram n’a pas de succès et en plus mon mari trouve mon maquillage horrible! (rires) C’est pas fait pour moi . J’ai tout arrêté mais sans pour autant supprimer mon compte.

T&P : Pourquoi justement ne pas avoir tout supprimé ?

Ayshglamm : Je savais pertinemment que j’aimais trop ce milieu pour l’abandonner définitivement. Et d’ailleurs, 4 semaines après, l’envie de retourner sur Instagram me démangeait

J’ai donc pris ma sœur comme modèle, je suis retournée aux Pays-Bas entre temps, et après toute une nuit enfermées dans la salle de bain, je décide de la maquiller, de la prendre en photo et de publier le tout sur Instagram. Et là, grosse surprise, ça cartonne!

J’avais eu une centaine de likes en très peu de temps. Même si pour certains c’est peu, pour moi c’était énorme. J’ai commencé à recevoir des messages, puis des rendez-vous. Je me suis fait un réseau et en deux mois, mon agenda était complet.

Personne ne faisait des maquillages chargés. Même si j’avais des critiques, je savais qu’au fond ça allait cartonner. C’était bien le cas aux USA, et aux Pays-Bas, ce serait la même chose en France. Même si ça devait prendre plus de temps. Je voulais être la première à introduire ce style en France.

T&P : A quel moment tu savais que tu allais pouvoir en faire ton métier?

Ayshglamm : Au bout de 6 mois.

T&P : Comment et où tu t’es formée?

Ayshglamm : Je suis autodidacte. J’ai mes propres techniques. Ce n’est pas du copier-coller de quelqu’un. Certes, je regardais des vidéos comme tout le monde mais mes sœurs et moi étions connues pour être coquettes. On nous demandait toujours des conseils sur le maquillage, la mode etc.

Mister Ayshglamm : Je pense aussi qu’elle a ce côté artistique, ce talent de savoir faire les choses seule et avec créativité. Par exemple, elle faisait ses robes elle-même, elle sait coudre, elle te fait une robe de mariée en 24h. Elle est très manuelle.

T&P : Tu as eu peur de te lancer ?

Ayshglamm : Depuis 4 ans j’avance, je ne m’arrête pas. J’ai des projets pour les prochaines années. Au début oui, j’avais peur que ça ne prenne pas à cause du style de maquillage inconnu à cette époque en France. Mais je me suis dit « si ils ne connaissent pas, ils ne peuvent pas ne pas aimer ». Donc je me battais contre les standards classiques français en matière de maquillage.

J’ai et j’ai eu des critiques, mais mon agenda est rempli. C’est que ça doit plaire. J’ai essayé de faire léger mais je n’y arrive pas, ma main part tout seule (rires).

T&P : Dirais-tu que tu as réussi à changer les mentalités en France?

Ayshglamm : C’était effectivement mon objectif. Lorsque j’ai lancé ma toute première masterclass en France, c’était dans le prestigieux palace du Ritz à Paris et là j’ai vu que la France commençait à bouger, à s’ouvrir à ce genre de maquillage. Les gens ont par la suite, pris exemple sur mes événements pour lancer les leurs et leurs propres masterclass. Je suis fière d’avoir pu bousculer les mentalités.

T&P : Tu te considères comme une makeup artiste internationale ? Ça ne te fatigue pas de bouger autant?

Ayshglamm : Effectivement, j’ai eu l’occasion de travailler avec l’un des meilleurs coiffeurs du monde et de maquiller une mariée libanaise que j’aime beaucoup et dont les photos de mariage ont été publiées dans le magazine VOGUE. J’ai une bonne notoriété à Dubai grâce à HUDA BEAUTY. Puis il est vrai qu’à Miami, on aime aussi mon travail. Tout ça peut être fatigant mais c’est ça qui me donne de l’adrénaline. Tout comme travailler des nuits sur mes masterclass pour mes étudiantes passionnées. Tout ça me fait tenir sinon je serais déjà à l’hôpital (rires).

T&P : Tu envisageais ces déplacements?

Ayshglamm : Pas du tout ! J’envisageais même pas de me déplacer dans le 93 (rires).

Ça peut faire peur, surtout en tant que femme. Mais mon mari était toujours là avec moi. Il m’accompagnait, me déposait chez mes clientes. C’était pas facile mais il a cru en moi.

A partir du moment où j’ai eu son soutien, c’est là aussi que j’ai cartonné! Il te faut du soutien à 100% si tu veux réussir.

T&P : Quelles sont tes valeurs de vie ?

Ayshglamm : Que ce soit dans ma vie privée ou pro, il faut que tu sois honnête avec moi. Quand je sens bien les gens, je donne tout. Aujourd’hui beaucoup sont autour de moi pour des bonnes ou de mauvaises raisons. Je fais attention mais je suis avant tout hyper positive. Par contre, si une chose me déplaît et que je sens que la personne n’est pas honnête, je lui ferme toutes mes portes.

Je dirais aussi que j’ai peur de Dieu, donc je fais les choses avec cœur. Car pour moi, si une personne a du vice, elle ne réussira jamais.

T&P : Ton plus gros défaut ?

Mister Ayshglamm : Je peux répondre ? (rires)

Ayshglamm : Ma gentillesse, je dirais. Mais quand je sens qu’on essaie de me la faire à l’envers, je fais mon ménage. Je me retire discrètement en continuant ma route.

Mais grâce à ces valeurs de vie, j’ai rencontré des gens magnifiques et je suis entourée d’une équipe formidable

T&P : Cette carrière te demande quel genre d’investissement ?

Ayshglamm : C’est un investissement de 24h/24h. Des choses amènent des choses. On s’arrête pas!

T&P : Tu arrives à t’organiser ?

Ayshglamm : Je ne perds pas de temps en fait. J’ai toujours aimé le partage, faire des masterclass etc. Je ne regarde ni à droite ni à gauche. Je ne copie pas, je fais ce que mon cœur me dit de faire. Je vais là où je veux aller et je reste dans mon domaine.

T&P : Quel héritage voudrais-tu laisser à ta fille ?

Ayshglamm : Mon école Ayshglamm, la marque Ayshglamm. Je veux lui laisser comme message que Ayshglamm c’est une marque aujourd’hui mais que pour en arriver là, je me suis battue et elle devra continuer à se battre.

T&P : Peux-tu nous dévoiler en exclu quelques projets?

Ayshglamm :  Bon, je te le dis, il y a des masterclass qui arrivent sur Dubai, en Algérie et au Maroc.

T&P : Ah génial !!!

T&P : Un conseil à nos lectrices ?

Ayshglamm : Je vais te dire, à travers mes masterclass je vois beaucoup de filles qui ont confiance en elles mais qui n’ont pas forcément un incroyable talent et des filles qui ont beaucoup de talent mais aucune confiance en elle. Et sans confiance en soi, on peut se planter.

La confiance en soi est la meilleure arme pour la réussite

T&P: Merci Ayshglamm!

Ayshglamm : Merci !

 

 

Toukan & Palmyre

 

 

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